Derrière les plateaux télé, les scènes de concert et les terrains de sport, certaines célébrités françaises cultivent une passion bien moins médiatisée : les jeux d’argent. Poker, blackjack, tournois internationaux… Ces personnalités ont fait des tables de jeu un terrain d’expression à part entière, parfois avec autant de sérieux que dans leur carrière principale.
| Célébrité | Discipline | Fait marquant |
| Patrick Bruel | Poker | Bracelet WSOP 1998, cofondateur de Winamax |
| Kool Shen | Poker | Plus de 400 000 $ gagnés en 2012, team Winamax |
| Christophe | Poker | Joueur assidu depuis les années 60, Ford Mustang perdue au jeu |
| Gaël Monfils | Poker | Sur le circuit français depuis 2006 |
| Tony Parker | Poker | Tournoi caritatif lancé en 2014 |
Patrick Bruel : la référence du poker français
Patrick Bruel est probablement le joueur de casino le plus identifiable en France. Sa passion remonte à l’adolescence, lorsque son grand-père par alliance lui enseigne les bases du bridge, des échecs et du poker à Niort.
Sa trajectoire dans le monde du jeu prend une dimension nouvelle en 1994 à Las Vegas, où il découvre l’existence de tournois en casino. Dès 1995, il s’inscrit à son premier championnat du monde — terminant 370ᵉ sur 400. La progression est rapide : en 1998, il décroche un bracelet aux World Series of Poker sur l’épreuve Limit Hold’em à 5 000 dollars, face à 111 adversaires. En 2004, il coproduit l’émission World Poker Tour sur Canal+, exposant le Texas Hold’em à des centaines de milliers de Français. Au fil de ses années sur le circuit, il a aussi contribué à démocratiser le jeu en ligne en France, participant activement au développement des casinos en argent réel, un secteur dont en savoir plus sur son fonctionnement aide à mieux comprendre l’ampleur de son engagement. En 2014, il se classe 4ᵉ au WPT Los Angeles Poker Classic.
Sa philosophie du jeu repose sur des principes stricts :
- Préparation physique avant chaque session de tournoi
- Gestion rigoureuse du budget, sans jamais dépasser les limites fixées
- Capacité à lire les adversaires et à adapter son profil à la table
- Esprit libéré de toute préoccupation extérieure avant de jouer
Kool Shen : quand le rap mène au poker professionnel
Connu du grand public comme l’un des membres fondateurs de NTM, Kool Shen — de son vrai nom Bruno Lopes — est aussi l’un des joueurs de poker français les plus accomplis de sa génération. Sa passion pour les cartes débute à l’âge de 13 ans, avant que la musique ne prenne le dessus. C’est en 2005, en regardant du Texas Hold’em à la télévision, qu’il renoue sérieusement avec le jeu.
Un palmarès construit en quelques années
La progression de Kool Shen sur le circuit est remarquable. En 2012, il réalise une année exceptionnelle avec plus de 400 000 dollars de gains : victoire aux Euro Finals of Poker à Paris, puis au WPT National Series de Cannes, et une 4ᵉ place à l’EPT Madrid pour 140 000 euros. Ces résultats lui valent une place au sein de la team Winamax en octobre 2012. Son style de jeu est reconnu comme agressif et discipliné : des qualités que l’on retrouve dans son parcours musical.
Christophe : le chanteur des Mots bleus et des tapis verts
Figure inattendue de cet univers, Christophe fréquentait les salles de jeu depuis les années 1960, bien avant que le poker ne devienne un phénomène médiatique. Il pratiquait principalement le cinq cartes fermées, le Kid et le Seven Stud lors de parties privées dans les cabarets parisiens.
Des anecdotes qui ont marqué le milieu
En 1968, lors d’une soirée au Don Camillo, célèbre cabaret parisien, il perd un gros pot et s’acquitte de sa dette en posant les clés de sa Ford Mustang sur le tapis. Une anecdote qu’il aimait raconter lui-même. La suite sera plus favorable : il gagne une Lamborghini Miura lors d’une partie où un adversaire la mise pour continuer à jouer. Jusqu’à sa disparition en avril 2020, Christophe participait régulièrement aux tournois Winamax réservés aux célébrités et organisait des parties privées dans son appartement parisien, réunissant d’autres noms du monde du spectacle.
Gaël Monfils et Tony Parker : quand le sport mène aux tables
Deux sportifs français de renommée internationale partagent un attrait prononcé pour les jeux d’argent. Leurs profils sont différents, mais leur rapport au jeu révèle des points communs avec leur carrière sportive : goût de la compétition, gestion du risque, maîtrise de soi sous pression.
Gaël Monfils : la concentration du tennisman appliquée au poker
Gaël Monfils est présent sur le circuit poker français depuis 2006. Sa capacité à lire les adversaires et à maintenir une concentration extrême lui confère des atouts naturels à la table. Il reste discret sur cette passion, ne cherchant pas à en faire un argument médiatique — ce qui en dit long sur le sérieux avec lequel il l’aborde.
Tony Parker : du parquet aux cartes
Tony Parker, triple champion NBA et MVP des Finales 2007, a franchi un cap en 2014 en lançant son propre tournoi caritatif de poker avec Everest Poker. Des joueurs amateurs pouvaient s’y qualifier pour l’affronter autour d’une table, avec 1 000 euros à gagner. Comme pour Monfils, les compétences forgées en carrière – prise de décision rapide, lecture des comportements adverses – se transposent naturellement au poker et font de ces sportifs des adversaires redoutables bien au-delà des terrains.

